Westphalie (2) : Münster


Deuxième journée 

Visite de Münster, d’abord sous la brume et puis sous un soleil éclatant.

 

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Un dicton populaire raconte qu’à Münster, « Soit il pleut, soit les cloches sonnent. Et si c’est les deux, alors on est dimanche ».

Cette petite cité coule aujourd’hui des jours tranquilles, à l’abri de la monumentale cathédrale Saint-Paul, fondée au XIIe siècle, reconstruite en 1952, car entièrement détruite, comme le reste de la ville, en 1945 (16 000 bombes explosives en février et mars l’ont rayée de la carte). 

Tirant son nom du latin « Monasterium ». la ville ancre les racines de son riche passé dans l’époque médiévale.

 

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Évangélisée au VIIIe siècle par un émissaire de Charlemagne, Saint Ludger, elle devient le plus ancien évêché d’Allemagne du Nord.

Depuis lors, chaque période a laissé sa marque sur cette ancienne ville de la ligue hanséatique – de l’hôtel de ville gothique au château baroque, et des reconstructions d’après-guerre aux édifices contemporains, comme le flambant neuf Musée de l’art et de la civilisation.

Un patrimoine exceptionnel est niché au cœur de la ville. Au détour de chaque rue, Munster dévoile ses trésors, des maisons aux arcatures médiévales de la Prinzipalmarkt à l’hôtel de ville gothique, théâtre en 1648 d’un épisode majeur dans le traité de paix entre Néerlandais et Espagnols.

Plusieurs clochers rythment le paysage urbain : à la cathédrale Saint-Paul, harmonieux mariage entre roman et gothique, répondent les surprenantes cages en fer de l’église Saint-Lambert.

 

La cathédrale Saint-Paul (Sankt Paulus Dom) est le monument le plus célèbre de la ville. Elle est pour l’essentiel une œuvre du XIIIe siècle.

 

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Elle fut presque entièrement détruite (voûtes, arcs, piliers, statues, objets de valeur…) pendant la seconde guerre mondiale. Elle fut reconstruite en dix ans lors de la reconstruction de Münster.

 

 

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L’horloge astronomique est une merveille de technique. Elle se situe dans le déambulatoire de la cathédrale.

 

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La première horloge avait été détruite par les anabaptistes, mais on n’a jamais su précisément de quand elle datait. Mais une fois que le règne des anabaptistes fut terminé, on reconstruisit une autre horloge astronomique au même emplacement en 1540.

Trois personnes participèrent à sa création : le mathématicien et imprimeur Dietrich Tewyvel, le moine franciscain et auteur du calendrier Johan von Aachen, et le forgeron Nikolaus Windenaker. Pour donner à l’horloge astronomique une allure plus artistique, on fit appel à un peintre et à un sculpteur.

Tom Ring l’Ancien a peint au sommet une galerie occupée par des spectateurs.

 

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Tous les jours à midi, la ronde des rois mages sort d’une petite porte de l’horloge. Pendant qu’ils tournent autour d’un axe pour revenir à l’intérieur de l’horloge, un vieux carillon joue un air de Noël.

 

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Il y a deux personnages de chaque côté de la partie supérieure de l’horloge.

A l’extrême gauche, le sonneur sonne les heures pleines, et sa femme tape en même temps avec un marteau sur une cloche.

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Puis à l’extrême droite, Chronos tenant un sablier et une faux qu’il remet à sa voisine « La Mort », cette dernière sonnant les quarts d’heure avec un marteau.

 

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Cette horloge présente aussi les différents phases de nombreuses planètes, de la lune et du soleil.

 

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Le cœur de la ville hanséatique historique bat sur le marché principal (Prinzipalmarkt).

Grâce au développement du commerce de la Hanse, Münster devint une ville prospère. Les marchands se regroupaient sur la grande place de la cathédrale, surtout à l’occasion du Send. Dans les rues du Prinzipalmarkt, de la Salzstrasse et du Roggenmarkt, les marchés s’alignaient, puis peu à peu, à partir du XIIe siècle, s’y installèrent définitivement: les marchands les plus riches construisaient leur maison à pignons et arcades. Sous les arcades étaient exposées les marchandises, derrière des pièces pour les entreposer, et à l’étage les chambres des marchands.

Malheureusement, les maisons du Prinzipalmarkt s’effondrèrent sous l’assaut des bombes en 1945 et seulement deux maisons originales restèrent debout.

La reconstruction aurait duré si les maisons avaient été reconstruites telles qu’elles l’étaient avant : c’est pour cela qu’on ne reconstruisit pas les maisons avec tous leurs détails architecturaux mais dans un style plus simple en conservant la forme principale.

 

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La façade à pignon de l’Hôtel de Ville (détruit pendant la guerre, l’édifice a été reconstruit entre 1950 et 1952, grâce à une souscription lancée au sein des commerçants et chefs d’entreprises locaux) est une très belle œuvre de l’architecture gothique civile en Europe au XIVe siècle. Elle est ornées de fins remplages et de pinacles.

 

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Remplage (Architecture) : Armature de pierre qui, dans l’architecture gothique, encadre les vitraux des fenêtres polylobées.

Et c’est dans l’hôtel de ville que se déroulèrent une partie des négociations qui ont abouti à la signature de la Paix de Westphalie en 1648, mettant fin à la guerre de Trente Ans, une guerre de religion qui avait dévasté une bonne partie du pays.  

La salle du Conseil fut rebaptisée « salle de la Paix« . C’est aussi dans cette salle que fut proclamée l’indépendance des Pays-Bas qui appartenait alors à l’Allemagne et de la Suisse, la cession à la France de l’Alsace et des Trois Évêchés (Metz, Toul et Verdun).

Ses boiseries Renaissance ont été conservées intactes. De petites scènes symboliques ou grotesques masquent les casiers des archives. Le banc des conseillers s’adosse à de beaux panneaux sculptés de niches à personnages et d’une frise d’où émergent des têtes de bourgeois.

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Les peintures représentent les souverains des principaux pays signataires.

La cheminée a été construite après la guerre. Elle est différente de l’originale qui datait de 1577 et reprend des scènes de la Bible.

 

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Pas loin, la tour (Stadhausturm) de l’ancien hôtel de ville.

 

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Au passage, notre regard est attiré par l’élégante flèche ajourée de l’église Saint-Lambert (99 m).

 

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Depuis le XIXe siècle, elle coiffe la tour à laquelle sont suspendues trois cages de fer dans lesquelles furent exposés les cadavres des chefs anabaptistes – secte prônant le baptême pour les adultes seulement – après la répression du mouvement (1536).

 

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Cette église fut construite par les commerçants et les bourgeois du début de la Hanse, en 1375. Ils la préféraient à la cathédrale : cette dernière était le symbole du pouvoir ecclésiastique, tandis que la Lambertikirche était le symbole de la richesse bourgeoise et marchande.

Elle est de style gothique, et fut construite selon le modèle de la cathédrale de Fribourg. Elle est composée d’une nef principale et de deux nefs adjacentes de même hauteur, soutenues par de nombreux piliers élancés. On remarque aussi la présence de nombreux grands vitraux.

 

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Les cages de la Lambertikirche

Accrochées au clocher, il y a trois cages en fer. Au XVIe siècle, les anabaptistes voulurent instaurer le royaume millénaire de Dieu. Lorsque le dernier roi, Jan van Leyden (Jean de Leyde), et ses deux meneurs furent exécutés par l’évêque en 1536, le règne effroyable des anabaptistes cessa. Pour servir d’exemple, l’évêque fit construire trois cages dans lesquelles il mit leur cadavre et qu’il suspendit en haut du clocher.

La théocratie anabaptiste

En janvier 1534, le prêcheur anabaptiste Jan Matthijs envoya d’Amsterdam un certain Jean de Leyde, « apôtre » qu’il avait lui-même baptisé en novembre 1533, vers Münster. Le 2 mars 1534 (mais selon certaines sources dès la mi-février même), il lui emboîta le pas et proclama Münster «Jérusalem céleste». Bien que le nouveau conseil des échevins soit favorable aux idées des anabaptistes, l’arrivée de Matthijs déchaîna le jour même une controverse des Images en ville. Toutes les églises et monastères furent dévastés afin d’expurger les traces du passé mensonger. Le prédicateur annonça son « Programme apocalyptique1 » :

  1. Il faut anéantir les incroyants en vue de la parousie,
  2. Le Christ instituera une théocratie terrestre,
  3. Les « émissaires apostoliques » sont invincibles et doivent annoncer l’imminence du Royaume.

Le 24 février 1534, Matthijs enjoignit aux habitants de Münster de venir se faire baptiser ; celui qui entendait s’y refuser devait quitter la ville avant minuit. On ordonna de brûler tous les livres à l’exception des Bibles. Matthijs déclara la communauté des biens et la Polygynie (une forme de polygamie).

Entretemps, l’évêque de Münster Franz von Waldeck avait fait arrêter Bernd Rothmann le 23 janvier 1534 et entreprit d’assiéger la ville dont il avait été chassé.

Le 5 avril 1534, jour de Pâques, dans un prêche sur la Place du Marché, Matthijs se présenta comme le Nouveau Gédéon. Après une ultime vision du jugement dernier, il monta à cheval, accompagné de quelques fidèles, et sortit sans armes de la ville pour réclamer la reddition des assiégeants. Il fut immédiatement jeté à bas et mis en pièce par des lansquenets1. Après l’exécution de Matthijs aux portes de la ville assiégée (avril 1534), Jean de Leyde se proclama « roi de Sion », confirma la communauté universelle des biens et des personnes (la polygamie). La ville de Münster, réduite par la famine et les épidémies, ne se rendit que le 25 juin 1535. Lors du dernier assaut, tous les anabaptistes qu’on put saisir furent passés par le fil de l’épée, et le carnage ne s’interrompit qu’au bout de deux jours. Quant à Jean de Leyde, il fut détenu six mois en attente d’un châtiment exemplaire puis fut torturé et mis à mort en public le 22 janvier 1536.

 

En fin de journée, nous découvrons la façade de l‘église Saint-Ludger, l’une des églises catholiques les plus anciennes de la ville. La première église-halle date de 1180.

 

 

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Saint Ludger, premier évêque de Munster (✝ 809)

Originaire d’Utrecht, il fut étudiant à York pour suivre les leçons du célèbre Alcuin. Des bagarres ayant éclaté entre Anglais et Frisons, il revint à Utrecht et fut alors le disciple de saint Grégoire d’Utrecht. Missionnaire en Frise et en Saxe à la demande de Charlemagne, mais avec d’autres moyens et d’autres méthodes que l’empereur, il y fonda un monastère qui fut à l’origine de la dénomination de sa ville épiscopale: Münster en Westphalie.

Entre-temps, nous avons visités le musée régional de Westphalie (Westfälisches Landesmuseum für Kunst und Kulturgeschichte)

Le musée a été le théâtre d’une vaste campagne d’agrandissement et de modernisation : aux côtés de l’ancien bâtiment, se dresse désormais un imposant complexe aux lignes épurées. Cette architecture lumineuse abrite plus de 1000 ans d’art occidental : des toiles des maîtres anciens aux installations contemporaines, en passant les chefs-d’œuvre de l’expressionnisme (signés Otto Dix, Franz Marc ou encore August Macke), ses collections s’étendent du Moyen Age à nos jours.

Pour compléter :

https://nl.wikipedia.org/wiki/Dom_van_M%C3%BCnster

https://fr.wikipedia.org/wiki/M%C3%BCnster

https://fr.wikipedia.org/wiki/Cath%C3%A9drale_Saint-Paul_de_M%C3%BCnster

http://www.patrimoine-horloge.fr/as-munsterd.html

https://fr.wikipedia.org/wiki/Ludger

https://de.wikipedia.org/wiki/St._Ludgeri_%28M%C3%BCnster%29

https://www.magnificat.ca/cal/fr/saints/saint_ludger.html

http://www.patrimoine-horloge.fr/as-munsterd.html

https://de.wikipedia.org/wiki/Historisches_Rathaus_M%C3%BCnster

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