Ballade liégeoise: La Boverie et Saint-Jacques


Petite ballade liégeoise ( 25 mai 2016)

Au programme : le nouveau musée de La Boverie, puis, via la « Belle Liégeoise », trajet pédestre vers la gare des Guillemins pour le repas de midi traditionnel (« Boulets à la liégeoise »). Nous terminerons la journée par la visite de l’église Saint-Jacques.

Nous sommes accompagnés par Isabelle, une historienne de l’art (Art&Fact) qui nous avait déjà piloté lors de voyages en Frise (2014) et en Westphalie (2015).

Musée « La Boverie »

L’exposition « En plein air » est réalisée à partir d’œuvres de peintres de renom tels que Renoir, Manet, Monet, Evenepoel, Pissaro, Cézanne, Boudin ou encore Van Gogh, issues des collections de «LA BOVERIE», du musée du Louvre et de prestigieuses institutions muséales belges et étrangères.

L’exposition propose une réflexion sur la relation de l’homme à son environnement, relation qui a profondément changé entre le XVIIIe et le XXe siècle. La nature est devenue un lieu de plaisir, de détente et de jeux, propices aux échanges sociaux et à l’amour. 

Parallèlement, les artistes découvrent la pratique de la peinture en plein air et développent regard réaliste et fidélité aux contraintes topographiques, climatiques et visuelles.

Ils se passionnent pour des scènes contemporaines, représentent des villes, des parcs, des bords de mer, animés par des promeneurs de leur temps. Les peintres reprennent aussi un thème très créatif du XVIIe siècle : le paysage vu à travers une fenêtre ou une porte empreint d’ombre et de lumière.

Pas de photos pendant la visite ! Donc, des photos retrouvées sur le WEB 

Henri Evenepoel : Promenade du dimanche au bois de Boulogne (1899, musée des Beaux Arts , Liège)

Le peintre met en scène des sujets de son temps. Le bois de Boulogne est un lieu de promenade apprécié des Parisiens. Cette toile, qui paraît être un instantané quasi photographique, a pourtant fait l’objet de multiples études et esquisses préalables qui ont, elles, été saisies sur le vif. Le peintre rend l’impression du mouvement par des coups de pinceaux empâtés, des contours flous, des effets de profondeur de champ et de cadrage empruntés à la photographie.

 

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Eugène Le Poittevin : Bain de mer à Etretat ( 1865, musée d’Art et d’Archéologie et de Sciences naturelles de Troyes)

Séduit par les falaises et les grèves situées à proximité d’Etretat, il s’y fit construire une villa.

Il installe son atelier dans une caloge (vieille embarcation tirée sur la plage et pourvue d’un toit).

Il trouve alors, près de la falaise d’Aval, un point d’observation parfait des activités des touristes.

Ce tableau est sans doute son oeuvre la plus célèbre. Elle montre un plongeoir installé sur un essieu et une paie de roues qui permet aux hommes de sauter dans l’eau et aux femmes de s’approcher de l’eau sans se mouiller. Quelques personnages étranges sont à remarquer, comme cette femme en crinoline sur le ponton.

Guy de Maupassant était un habitué de la plage. L’actrice Eugène Doche qui joua le rôle de la Dame aux Camélias  était aussi une habituée de cette plage.

 

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Eglise Saint Jacques

Histoire

Dédiée à saint Jacques le Mineur, l’abbaye est fondée en 1015 à l’initiative de Baldéric II, prince-évêque de Liège. La nouvelle fondation est établie au sud de l’île formée, à cette époque, par deux bras de la Meuse. Ce qui correspond actuellement au quartier du Parc d’Avroy.

 

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Au XIe et XIIe siècles, l’abbaye est un centre intellectuel et spirituel renommé. Les transcriptions de manuscrits y sont particulièrement soignées.

 

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A partir du XIVe siècle, Saint-Jacques devient l’église officielle de la ville de Liège. Chaque année, on y élit le corps communal liégeois et les deux nouveaux bourgmestres viennent y prêter serment.

Au cours de la seconde moitié du XVIIIe siècle, les moines sollicitent la sécularisation. En 1785, un chapitre de chanoines remplace les moines bénédictins.

A la révolution française, les bâtiments monastiques seront vendus puis démolis.

Il ne restera plus que l’église qui, en 1803, devient église paroissiale.

Visite

L’église gothique actuelle, dont la construction fut achevée en 1538, remplaça l’église romane primitive.

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L’église primitive comportait un avant-corps roman et un clocher octogonal daté des environs de 1170.

Ci-dessous un projet de restauration des tours.

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Seul l’avant-corps avec une de ses trois tours a été conservé.

 

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Parmi les éléments les plus remarquables :

Le portail latéral a été ajouté en 1558. Il est attribué à Lambert Lombard qui s’inspira de la Renaissance Italienne. Il est divisé en trois étages avec niches et colonnes. Au centre, un bas-relief représente le songe de Jacob.

L’accès à l’église se fait par un vaste porche de trois travées, construit plus de vingt ans après l’église elle-même, entre 1552 et 1558, et qui amène dans l’avant-dernière travée des nefs, au nord. Il est construit en style gothique flamboyant comme le reste de l’édifice. Il présente aussi des aménagements nouveaux, fruits de l’esprit de la Renaissance qui gagne notre région à cette époque.

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Le portail est caractéristique d’un style Renaissance pleinement épanoui qui flirte avec le Maniérisme en témoignant d’une influence italianisante évidente.

L’architecte a utilisé tout un répertoire peu fréquent dans nos régions: frontons courbes interrompus, ailerons des niches qui devaient accueillir des sculptures, culots en forme de chapiteaux composites appuyés sur des consoles, ordre composite surmontant un ordre corinthien, et médaillons ovales.

Une rénovation récente qui respecte l’esprit de la Renaissance

Les couleurs, ce sont celles des blasons. Des traces de pigmentation ont en effet été découvertes par les équipes de restauration qui ont donc choisi de respecter les choix de leurs homologues de la Renaissance. Le reste de la façade a été entièrement démonté, les pierres triées en fonction de leur état de santé. La philosophie était de garder au maximum de matériaux d’origine. On a plutôt réparé que remplacé.

Il y a très peu d’exemples d’architecture Renaissance en Wallonie. c’est vraiment un patrimoine exceptionnel.

 

La nef, véritable dentelle de pierre

Contre ces piliers, en hauteur, sont réinstallées neufs statues dont six sont attribuées à Jean Del Cour qui les a sculptées entre 1682 et 1692 dans un bois tendre de tilleul peint en blanc, deux à Simon Cognoulle (1692-1774) et une, reste anonyme.

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La plus grande longueur de l’église depuis l’abside du choeur jusqu’à la tour est de 73 m : la nef centrale à une largeur de 11 m ; sa hauteur est de 23 m.

La voûte exceptionnelle comptant plus de 150 clés de voûte dans la nef centrale.

 

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Au dessus du choeur, les nervures forment une étoile à dix branches. Au centre, une statue représente le Christ entouré par dix anges sculptés portant les instruments de la Passion.

 

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Les stalles du XIVe siècle

Ce qui attire davantage l’attention, ce sont les miséricordes et les séparations de ces stalles, surmontées d’un petit personnage: chacun des trente-deux compartiments porte un ornement différent.

Les artistes du moyen âge aimaient à représenter les vices et les péchés dans ces figures symboliques sur lesquelles les moines devaient s’asseoir ou s’accouder. Et leur imagination bouffonne et ironique s’y livrait librement à toutes ses inspirations capricieuses.

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Les miséricordes ont parfois une simple ornementation végétale, mais plus souvent on y trouve des serpents, monstres , bonshommes accroupis, animaux fantastiques ou sujets bouffons. Quant aux figurines qui surmontent les séparations, elles sont avec évidence des gamineries de l’artiste qui a épié les moines et qui maintenant raille leurs petits défauts, peut-être non sans malice…

 

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Outre une série intéressante d’animaux, tel un lapin qui ronge une feuille de chou, un renard qui dévore une poule , se présente là un mélange sarcastique d’animaux grotesques qui grimacent et ricanent, de singes malicieux qui chantent sans regarder leur livre ouvert, de petits êtres chimériques qui portent le capuchon des moines ou même la mitre du Père Abbé , caricatures de ces bons religieux qui bâillent à l’office du choeur ou qui s’inclinent profondément au Gloria.

Le buffet d’orgues

Le fond de la nef principale est fermé par le très beau buffet d’orgues dû à l’abbé Martin Fanchon en 1600, renouvelé en 1669 par André Séverin.

 

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En 1854, l’orgue est remplacé par Arnold Clerinx et remanié encore à de nombreuses reprises jusqu’au 20e siècle.

Sa restauration par l’entreprise Schumacher en 1997-1998 et celle de la décoration polychrome du buffet par Jacques et Hugues Folville viennent de rendre tout son éclat à ce joyau.

Une frise de statues en haut-relief du 16e siècle, encore marquées d’une profonde tradition gothique, s’étale sous tout le buffet d’orgues. Elles proviennent de l’ancien jubé du chœur érigé par Nicolas Balis comme l’atteste la date de 1538 qui figurait encore au 19e siècle sous le buste d’Isaïe au centre de la composition.

 

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Les vitraux (XVIe siècle)

Les vitraux de l’église Saint-Jacques comptent parmi les plus beaux de Belgique ; ils ont été réalisés et mis en place entre 1525 et 1531. Ils décorent six fenêtres de l’abside et excellent par la richesse des émaux translucides et la composition qui présente des types de constructions de la Renaissance.

Tous les vitraux ont été restaurés en 1842 par Jean-Baptiste Capronnier de Bruxelles qui signa son travail.

Á l’exception du vitrail central qui présente un thème religieux, tous les autres ont un caractère profane et représentent des donateurs accompagnés de leur saint patron. Les donateurs, tous des membres des familles de La Marck et de Hornes, ont ainsi voulu sceller leur réconciliation en offrant des vitraux à l’abbaye de Saint-Jacques.

 

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Jacques de Hornes et ses deux épouses (Nicolaas Rombouts, ca 1525)

 

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La grande verrière à gauche est celle de Jacques de Horne. Le meneau central la divise en deux parties égales: dans l’une est représenté Jacques de Horne, à genoux devant l’autel de la très Sainte Trinité (à remarquer la curieuse représentation des trois Personnes Divines qui est empruntée à l’art gothique primitif).

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Dans l’autre ses deux premières femmes, Marguerite de Croy et Claudine de Savoie. Chaque personnage est accompagné de son saint patron : saint Jacques (le Majeur) avec bourdon et grand chapeau de pèlerin, sainte Marguerite avec le dragon et le saint évêque Claude.

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Le donateur de ce magnifique vitrail est le comte de Horne Jacques III: ses titres, ses initiales, ses 16 quartiers de noblesse, son collier de la Toison d’or sont reproduits partout et contribuent à la splendeur profane de ce monument héraldique qui, dans sa partie importante, ne porte pas à la piété . Le vitrail date des années 1514-1528 car Jacques de Horne épousa sa seconde femme en 1514; en 1528, il redevint veuf et en 1529 il se laissa tenter une troisième fois par les douceurs de l’hyménée… Or, le vitrail ne représente que ses deux premières femmes.

Verrière dite des « Métiers de Liège » (inconnu, ca 1531)

 

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Plus important encore au point de vue historique est le dernier vitrail dont il nous reste à parler: il nous a conservé précieusement une représentation du perron liégeois, représentation authentique des premières années du XVIe siècle. Le vitrail est lui don de Richard de Mérode et d’Arnould le Blavier, bourgmestres de Liège, qui firent ce cadeau magnifique à l’église Saint-Jacques où ils venaient prêter serment.

La partie supérieure du vitrail contient les armoiries des deux bourgmestres et les blasons des « 32 bons métiers de la ville de Liège ». Ces blasons, réunis deux à deux, entourent l’image de saint Jean-Baptiste.

Plus bas, sous une construction Renaissance, se lient un ange qui porte en bandoulière l’écu de Liège: de gueules au perron d’or. Actuellement on ajoute au blason les lettres L. G., mais ces lettres manquent au blason de notre verrière qui est cependant une des plus anciennes et une des plus intéressantes reproductions que nous ayons; sous l’écusson, en un cartouche, se trouve le nom entier LEODIUM. L’ange est entouré des deux saints protecteurs de la cité Notre-Dame et saint Lambert en habits pontificaux.

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Jean de Hornes, saint Lambert de Liège, Vierge à l’Enfant (Nicolaas Rombouts, ca 1525)

Verrière du comte Jean de Horne. Dans la partie supérieure de la verrière, est représenté saint Jacques (le Mineur), entouré des 16 quartiers héraldiques de la famille de Horne , Dans la partie inférieure, sous un dais Renaissance dont les anges soutiennent les draperies, Jean de Home est agenouillé devant l’image de la Sainte Vierge. Jean de Horne, neveu du prince évêque Jean de Horne, devint prévôt de Liège en 1529; aussi, saint Lambert lui est donné comme protecteur. Le vitrail date probablement de cette année 1529.

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Le sacrifice d’Abraham

Au point de vue du sentiment religieux, la verrière qui occupe la lancette centrale de l’abside est la seule qui rappelle les anciennes verrières du Moyen-âge, la seule qui parle vraiment à la piété du peuple.

 

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La partie inférieure du vitrail reproduit deux scènes de l’ancienne Loi qui préfigurent le sacrifice de la Croix.

Sur l’avant-plan Isaac à genoux attend le coup de grâce; déjà Abraham brandit le glaive quand un ange le retient et de son doigt levé menace le patriarche. (Méritent particulièrement l’attention les figures expressives, bien dessinées et l’élégance que l’artiste a mise à draper les vêtements)

 

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Les statues baroques de Del Cour et de son école (fin XVIIe siècle)

L’église Saint-Jacques est décorée de splendides statues baroques.

L’art lyrique du Bernin sera importé, à Liège par le sculpteur Jean Del Cour né à Hamoir en 1627 et décédé à Liège, en 1707.

Del Cour a appris du Bernin non seulement le sens de la mise en scène du mouvement et de l’instantané, les drapés volants, le rendu tactile des matières, mais aussi l’art d’évoquer dans le marbre ou le bois le frémissement intérieur de la vie. 

Son art illustre pleinement le modernisme de son époque. Élan mystique, passion, amour, sensualité, tous les thèmes chers à l’époque baroque. Il les a traduits avec force, dynamisme et noblesse.

 

Sainte Hélène (Simon Cognoulle, tilleul sculpté peint)

 

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Saint Hubert (Jean Del Cour, tilleul sculpté, polychromé, 1689)

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Sainte Scholastique (Jean Del Cour, tilleul sculpté peint, 1691)

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Saint André (Arnold Hontoire, tilleul sculpté peint, ca 1690)

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Vierge (Jean Del Cour, 1692, copie)

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L’original se trouve maintenant dans l’ancienne église abbatiale de Floreffe.

Le monument funéraire de l’évêque Jean le Conseiller

 

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Il accueille le tombeau de l’évêque Jean, personnage quelque peu mythique qui pourrait être l’auteur des premiers plans de l’église primitive

Le personnage est connu par le récit de la vie de l’évêque Baldéric, mort en 1018, la Vita Balderici, écrite par un moine de Saint-Jacques à Liège en 1053. Le récit le présente comme un célèbre peintre italien que l’empereur aurait fait venir d’Italie pour orner l’église d’Aix-la-Chapelle et qui par après peignit l’église de Saint-Jacques à Liège. Il le présente également comme évêque. Mort à Liège, il fut enterré à Saint-Jacques. Ceci est confirmé par la chronique de Gilles d’Orval, qui rapporte l’épitaphe qui accompagnait sa tombe:

STA, LEGE QUOD SPECTAS, IN ME PIA VISCERA FLECTAS.

QUOD SUM, FERT TUMULUS, QUID FUERIM, TITULUS.

ITALIAE NATU, POLLENS ET PONTIFICATU,

JOHANNES FUGIO, PULSUS EPISCOPIO.

DESTINOR HIS ORIS, EXSUL NULLIUS HONORIS.

URBS PIA LEODIUM COMMODAT HOSPITIUM.

(QUA PROBAT ARTE MANUM DAT AQUIS, DAT CERNERE PLANUM

PICTA DOMUS CAROLI, RARA SUB AXE POLI.)

JACOBE JUSTE, TUI MEMOR ESTO FIDELIS ALUMPNI.

HAEC SIT UT AULA TIBI CONDITA CONSULUI.

Arrête, lis ce que tu vois, et que ton tendre coeur ait pitié de moi. Le tombeau annonce ce que je suis; l’inscription dit ce que je fus. Né en Italie, revêtu du pontificat, moi Jean j’ai dû m’enfuir chassé de mon siège épiscopal. Exilé sans honneur, je fus envoyé en ces régions. La ville compatissante de Liège me prêta un asile. (A Aix-la-Chapelle la maison de Charlemagne, par les peintures qui en font une merveille du monde, fait voir clairement par quel art il fait distinguer sa main). Saint Jacques, souvenez-vous de votre fidèle élève, c’est sur mes conseils que cette demeure fut édifiée en votre honneur.

Le couronnement de la Vierge (groupe sculpté du XIVe siècle, moulage)

Situé dans le hall d’entrée, cette sculpture du XIVe siècle représente le Christ levant la main droite pour bénir la vierge couronnée.

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Statue de l’Immaculée Conception (Meester van Elsloo, ca 1525, chêne, polychromie originale)

La statue en bois a 1,63 m de haut. Elle représente la Sainte Vierge debout, dans une attitude aisée et tenant l’Enfant Jésus des deux mains.

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Ce qui frappe à première vue déjà, c’est la figure particulièrement vivante de l’enfant petite tête bouclée et très intéressante, laquelle contraste vivement avec ces figures d’enfants que portent les Madones du moyen-âge.

L’enfant Jésus est nu; de la main droite il tient une petite fleur dorée; le bras et la main gauche ont été renouvelés et c’est à cette occasion qu’on lui a mis un oiseau dans la main gauche.

La statue de la Vierge est remarquable par la majesté douce et paisible de l’attitude, la finesse des traits remarquable aussi par la légèreté des plis drapés avec une grâce exquise, par le fini du moindre détail. Des boucles dorées encadrent le beau visage et de longues tresses, gracieusement ondulées, retombent sur la poitrine et le dos.

Le socle, en pierre de sable, complétait en somme la statue de l’Immaculée debout sur un croissant, car il figure l’arbre de la science du bien et du mal autour duquel s’enroule le serpent tentateur: c’était donc en toute vérité la Vierge qui écrase la tête du démon.

 

Blason de l’abbé Pierre Rennotte (51e abbé, 1741-1763)

Un chevron chargé en chef d’une fleur de lis accompagné en pointe d’une grenouille

Selon son éloge funéraire ; «  Le premier ayant un coeur selon Dieu, paissait son troupeau par la parole et l’exemple; il a modifié l’église pour la rendre plus élégante, comme on peut la voir maintenant; il vécut comme un saint et mourut de même, le 12 décembre 1763. »

 

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Clefs de voûte (ca 1535, pierre de sable)

 

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Buste de saint Marc (console, transept nord)

 

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Rinceaux en relief avec tête

 

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Autel dédié à saint André apôtre (détail de l’autel à retable, 1602 (incertain))

 

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Pietà dite « Notre-Dame de Saint-Rémy » (ca 1500)

 

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L’histoire ne nous révèle rien ni quant à la date où la statue a été sculptée ni quant à l’artiste lui-même. Les spécialistes l’attribuent généralement à la fin du XVe siècle, car la statue appartient encore manifestement à l’art gothique et présente tous les signes qui caractérisent l’art de cette époque.

La statue miraculeuse est une Pieta, taillée en pierre assez friable qu’on a creusée pour que le poids n’en soit pas trop lourd.

La Vierge assise tient le corps inanimé de son Fils sur ses genoux. Dans l’image du Christ, on remarque des fautes de proportion, notamment dans les extrémités, mais la composition n’est pas sans grandeur.

 

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Regardez surtout la Vierge: de sa main droite, elle soutient la tête de son Fils qu’elle considère d’un regard attendri. Dans ses yeux, on lit une expression de profonde tristesse, mais cette Mère toute en larmes manifeste en même temps une admirable résignation calme et sereine. Notre-Dame de Saint-Rémy est vraiment belle.

 

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Pendant tout le XVIIe siècle, le culte de Notre-Dame de Saint-Rémy fut très populaire à Liège; vers 1643, sous le pastorat de Jean-Henri Manigart, quelques guérisons miraculeuses avaient eu lieu par l’intercession de Notre-Dame et depuis lors Saint-Rémy était devenu un lieu de pèlerinage: plusieurs princes-évêques sont venus prier devant la statue miraculeuse.

La pietà a été transférée à Saint-Jacques en 1803, après la suppression de la paroisse Saint-Rémy.

 

 

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Pour compléter :

Pour illustrer mes photos,  j’ai utilisé des commentaires extraits des références suivantes.

 

Boverie

http://histoiresdeliege.skynetblogs.be/boverie/

Saint-Jacques

http://abbaye-saint-jacques.be/documentation/un-peu-dhistoire-2/

https://fr.wikipedia.org/wiki/Abbaye_Saint-Jacques_de_Li%C3%A8ge

http://fabrice-muller.be/sj/galerie-photos.html

http://www.fabrice-muller.be/sj/vitraux/vitraux-16s.html

http://www.fabrice-muller.be/sj/vitraux/vitraux-metiers.html

http://www.chokier.com/FILES/STJACQUES/Historique1.html

http://www.chokier.com/FILES/STJACQUES/Restauration-Etude.html

http://www.chokier.com/FILES/STJACQUES/Saint-Jacques-Hendrix.html

http://www.chokier.com/FILES/STJACQUES/E-MonumentsFuneraires.html

https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Del_Cour

http://www.wallonie-en-ligne.net/1995_Wallonie_Atouts-References/1995_ch13-3_Stiennon_Jacques.htm

http://www.liegeartprestige.be/eglise-saint-jacques/

http://balat.kikirpa.be/results.php?linkthrough=BA&linkval=Eglise+Saint-Jacques[Li%C3%A8ge]

http://balat.kikirpa.be/photo.php?path=X045711&objnr=10063506&nr=2

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